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mes travaux à bord...

 

Les banquettes du carré...

 Quand j'ai mis les pieds sur Teva , Philippe râlait sur ses vieilles banquettes. L'affreux skaï bleu, aux accrocs recollés à l'elastoplast (pour un véto il aurait pu faire un surjet...) collait aux fesses. Manoeuvres d'approche en douceur...: "-tu ne crois pas que... tu ne saurais pas... tu ne voudrais pas... tu pourrais peut être... -Bon! et comment tu les verrais ? -Ouh!!!! c'est toi qui sait mais pourquoi pas un paréo à fleur..." Aïe! déjà qu'il y avait les chemises hawaïennes qui heurtaient mon classicisme petite bourgeoise... "-Bon c'est ton bateau, va pour le paréo à fleur mais on vire les coussins à carreaux moisis pourris salés !!

  Allez, je prends le "truck" pour Papeete et visite une bonne dizaine de boutiques, tenues par de vieilles chinoises incrédules et souriantes, où j'ai du mal à circuler entre les rouleaux de tissus multicolores.        J'évite soigneusement les motifs "coucher de soleils sur la plage  et vahinés en maillot" ou "dauphins entre 2 cocotiers et collier de fleur". Philippe aime le jaune, moi j'aime les fleurs de tiare, en voilà un assez sobre... et puis ça donnera de la lumière.

  Je me lance! je profite du mois de gardiennage d'une villa d'amis en vacance pour pouvoir m'étaler sur une surface lisse propre et qui ne bouge pas.

 Dommage je n'ai pas pris de photos du démontage, mais j'ai bien ôté 318 agrafes rouillées par banquette!

  Bon et maintenant que c'est en vrac on fait comment ?

  On coud? On colle? On remet des agrafes? Faut pas que ça glisse mais que   ça se déhousse pour laver!

 Et puis c'est des carrés rectangulaires un peu trapézoïdaux complètement tordus... Et ça fait 15 ans que je ne me suis pas servi d'une machine à coudre...

 

 Ah c'est pas mal!

 Heureusement qu'on t'chatait sous Skype avec Anik de Banik! LA copine ressource qui sait tout faire et a plein d'idées et d'astuces à partager...

 Mais l'idée des élastiques dessous cousus en zigzag c'est quand même moi! Ouf! même Philippe trouve ça bien...

 

 

      Et voilà le carré!           

 

 

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La caisse du Bib...

Le Bib sur Teva est fixé à l'arrière du pied de l'artimon, sous une caisse ayant pour but:

- de le protéger

- de pouvoir s'asseoir pour bricoler, voire barrer avec le système de secours

- de poser dessus la table du cockpit en navigation

- et accessoirement de "cacher la merde du chat sous le tapis"... traduire: "foutre un max de bordel dans les interstices sans que ça ne se voit trop" ...

 

Bon, moi je la trouvais plutôt moche et en plus quand on s'asseyait dessus les cuisses à l'air, il fallait une pince à épiler et autant de patience qu'après avoir posé le pied sur des oursins pour s'enlever les fibres de verre du tissus époxyfié qui partait en lambeaux... Néanmoins, l'idée de cette caisse, qui de plus représentait à mes yeux un bon moyen de contention pour bib velléitaire, aventureux et frustré de ne pas naviguer (mais ceci est une autre histoire), était fort astucieuse et méritait mieux que la benne verte... Yapluka!

Une seule boutique fait du contreplaqué marine à Papeete mais le container n'est pas arrivé depuis longtemps et on ne sait pas trop s'il viendra un jour... Tant pis, le normal fera l'affaire en le traitant bien: époxy ultra liquide (bu en profondeur par les fibres du bois) recto verso, ponçage, re époxy, re ponçage, re époxy, re ponçage... peinture, ponçage, re peinture, re ponçage... y'en a marre! Et comme il y a du vent ça colle aux cheveux... Je vais devoir en sacrifier plusieurs centimètres.

      

 Par contre les découpes à la scie sauteuse, j'aime bien. On a même pensé aux baguettes de renfort en diagonale et sous le bord libre pour éviter qu'elle ne ploie et se cintre. Tout ça, bien sur, collé-vissé sur tasseaux... Du presque pro! je fais des progrès!

 

 

                                       

 

 

 

 

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L'habillage de l'épontille...

Vu l'état des mâts de Teva, on ne peut, en attendant les réparations, qu'espérer...

Surtout ne pas démâter au mouillage, dans le lagon, par petite brise!

 

Moi, je ne vois rien d'autre à faire, séjour en Polynésie oblige, que renforcer le "mana" du gréement...

L'épontille est un agrès solide pour accueillir la force protectrice d'un "tiki"...

Avec ce totem en renfort, il n'est plus du tout tabou d'aborder la grave question du comment, quand et pourquoi...

Mais "que le grand cric me croque" si je révèle le rite initié pour lui rendre hommage. Au mieux, équipiers de passage, serez vous admis à l'embrasser sur la bouche en levant un verre à la santé de Teva...

Dans le lot des objets destinés à alimenter le grand bric-à-brac des "curios", des boutiques pour touristes, les sculptures marquisiennes remportent un grand succès. Celle ci, d'un artiste de Fatu Hiva, qu'une vieille dame aux cheveux blancs, très digne, nous a sorti d'un sac de jute poussiéreux semblait attendre de trouver sa place à bord. J'aime que ses lignes soient plus sobres que les habituelles reproductions surchargées de ciselures. Le savoir faire traditionnel au profit d'une facture plus contemporaine. N'est ce pas exactement ce que nous attendons du chantier qui nous rendra des mâts en bois traités pour les contraintes d'une navigation de demain?

 

 

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L'étagère à livres...

Pauvre Philippe! non seulement y'a une fille à bord aux velléités rangeuses (enfin, n'exagérons rien!)mais en plus elle a trop de bouquins! Soyons justes: les siens aussi débordent de l'équipet de la table à carte... Faut vraiment trouver un coin pour  étancher le trop-plein.

Pas facile de trouver une cloison verticale, non occupée, où une étagère ne gênera ni l'ouverture d'une porte de placard, ni le dossier d'appui d'une banquette! Allez on déplace le tableau offert à Philippe pour son départ de gwada, et je prends les mesures (promis juré on pourra encore s'asseoir à table même si on mesure plus de 1,85m.). Ah! la recherche d'horizontalité sur un voilier. Même au mouillage on gîte en fonction du tank à eau le plus plein et il y a toujours un petit clapot berceur (hum!!! les siestes dans le hamac...)donc on oublie le fil à plomb et le niveau à bulle, je veux bien sauver l'équerre mais c'est limite. Une planche de pin, une baguette quart de rond, du tasseau rectangulaire (le tout en 18mm d'épaisseur) et c'est parti! Oh! mais sérieux, à l'ancienne, avec des chevilles en bois et pas un clou, Louis serait fier de moi! j'assemble, je ponce, j'arrondis les angles ( ah bon? c'est pas mon genre pourtant!). Vernis "noyer ciré" avec ponçage fin entre les couches...

  Et maintenant faut que ça tienne. Tasseau vissé contre la cloison. L'étagère, ainsi positionnée, est à son tour vissée profond par la tranche (vis de 70mm! faut pas croire, c'est pas si simple d'aller droit sans éclater le bois!). Enfin haubanage par du bout' imitation chanvre ( ben oui on ne trouve pas du vrai... ils ont du le fumer).

            Regardez moi ça si ça brille! même Yves, notre voisin de mouillage et néanmoins ami, qui a jeté un oeil goguenard sur mes travaux("non mais les filles peuvent aussi bricoler" dit il)a apprécié: "ça c'est un bel arrondi" ... Pfff! c'est fiu! l'étagère est pleine et y'a encore plein de livres à ranger!...

 

                                                                              

 

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La table à carte ...

De la loupe de noyer! comme dans le salon ou la chambre à coucher des gens qui ont hérité des meubles de la tante machinette... mais là en toc! en film plastic collé sur du contre plaqué pourri! et qui partait en lambeaux. Le problème quand tu commences à tirer sur l'écaille qui dépasse parce qu'un truc t'énerve  faut aller jusqu'au bout. Au début les morceaux sont gros, vers la fin y'a plus que des micro fragments tenaces. Sur ce genre de truc je suis un peu têtue... Après quelques heures d'énervement j'avais fait table rase. Mais quel choix de rénovation? un placage à chaud ? Pas simple sans fer ni 220V; Tout refaire avec du contreplaqué neuf ? lourd! Restait plus qu'à poncer à donf, voir jusqu'où on pouvait bien aller pour avoir une surface lisse.

Ah j'en ai fait de la poussière! Ponceuse orbitale d'abord puis papier de verre manuel à grain décroissant... Il me restait un fond de pot du vernis "noyer ciré" de l'étagère... 3 couches avec ponçage fin...(c'est peut être pour ça qu'à LA en transit les flics américains passent 2 plombes à se gratter le chou devant mes empreintes digitales non conformes à chaque passage!).

 

Hum! c'est beau, c'est lisse, ça brille...

C'est vrai, faudrait que je m'attaque au panneau  électrique pour que ce soit parfait...

 

Mais pourquoi faut il que Philippe y entasse tant de bordel! On en profite même pas ?!!

 

Ah oui les "décalcomanies" obligatoires je les ai collés sur le côté pour cacher la misère... ben ça a beaucoup plu aux pandores qui ont contrôlé le bateau! c'est ça l'inspiration de l'artiste...

 

 

 

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